Pourquoi il est important d’utiliser des programmes open source

Les programmes d’ordinateur existent sous deux modèles : l’un est dit propriétaire, l’autre open-source. La mention open source signifie que le code du programme est téléchargeable par tout le monde et n’importe quel développeur ayant une idée peut contribuer au programme pour le rendre encore meilleur. Cela offre plusieurs avantages très attractifs.

Cet article vise à expliquer pourquoi il est important de privilégier les programmes open-source. Je vous invite ensuite à lire cette liste de programmes open source pour remplacer ce que vous utilisez actuellement.

Définition de l’appellation open source

L’open-source est un mot anglais qui, littéralement, signifie « code source ouvert ». C’est donc l’appellation donnée à n’importe quel programme dont le code source peut être téléchargé et modifié ou relu par quelqu’un d’autre que l’auteur. Le terme est assez vieux et en français, on finira vite par parler de logiciel libre. Un logiciel libre est open source par définition mais, en plus de cela, il est libre de droits — on peut donc par exemple l’utiliser à des fins commerciales ou bien modifier le code et publier sa propre version du logiciel.

Aujourd’hui, la plupart des logiciels open source sont aussi publiés avec des licences libres et sont gratuits, je pense donc que la distinction ne se pose plus tellement. Mais à partir de maintenant, je parlerais exclusivement de logiciels libres. Et oui, un logiciel open source n’est pas forcément gratuit de base !

Les avantages des logiciels libres

Le premier avantage est bien sûr la gratuité du logiciel. Plutôt que de payer des frais souvent très élevés, par exemple la licence annuelle d’un antivirus à 50 CHF par ordinateur, pourquoi ne pas privilégier un antivirus libre, gratuit ?

Bien entendu, gratuit a souvent rimé avec mauvaise qualité. Et à quelque part, on peut se demander si un logiciel gratuit n’essaie pas d’embobiner les utilisateurs pour mieux leur vendre après (par exemple comme Facebook est gratuit mais récolte les données de ses utilisateurs à des fins publicitaires).

Mais avec les logiciels libres, ces soucis sont apaisés dans 95% des cas ! Il existera toujours des logiciels qui ne suivent pas les « règles » du jeu. Je pense par exemple à Borderless Gaming, un programme pratique pour les jeux vidéo. La première version du logiciel était libre, donc open-source et gratuite. Cependant, après le succès rapide de l’application, l’auteur a décidé de créer une version payante. Petit hic : il a en même temps supprimé la version libre de son logiciel afin d’inciter les utilisateurs à acheter la nouvelle version. Ceci est interdit puisque la version libre était publiée sous une certaine licence. Aujourd’hui, il est possible de télécharger le code source de la version libre, mais celui-ci n’est plus mis à jour.

Pourquoi vous devriez utiliser les logiciels libres

En plus de la gratuité, le simple fait que le code source soit publié représente toute la force du logiciel libre. Même si vous ne savez pas lire du code, d’autres gens le peuvent, et ils travaillent sur le logiciel. Au lieu d’avoir un seul développeur ou une petite équipe de 5 à 10 (comme dans un projet commercial), on se retrouve avec une équipe parfois colossale qui travaille d’arrache-pied pour chaque version.

Cette équipe est formée de spécialistes dans leur domaine ! Le logiciel est trop lent ? Un connaisseur en la matière travaillera pour le rendre plus rapide. Il a maintenant besoin d’une fonctionnalité supplémentaire ? Un développeur s’en chargera. Ah, il faut ensuite intégrer un patch contre une faille inhérente à Windows ? C’est déjà en cours d’implémentation. Pour un logiciel propriétaire, si l’expert correspondant n’est pas encore sur le projet, il faudra le démarcher, l’engager, écrire les contrats et effectuer les transferts de fonds, et enfin il pourra commencer à travailler.

Dans l’ensemble, si un bug existe dans un logiciel libre, il sera donc corrigé dès la prochaine mise à jour. Dans un logiciel propriétaire, cela peut prendre parfois plusieurs années (avec mon expérience de graphiste, je pense notamment à Adobe Photoshop).

Mon argument préféré est de combattre l’influence du marketing digital. De nos jours, nos informations personnelles valent cher. Google par exemple tire 90% de ses profits de sa plateforme Adwords, celle qui vous passe des publicités lorsque vous visitez un site. Tous les services gratuits de Google – le moteur de recherche, mais aussi Maps, Youtube, Google Earth, Street View, Gmail et j’en passe ne servent qu’à améliorer la plateforme publicitaire pour générer toujours plus de bénéfices. Or, puisque nous avons accès au code d’un logiciel libre, il est très facile pour un connaisseur de nous avertir d’un danger potentiel.

En partant du même principe, vous connaissez sans doute les fameuses « backdoors » permettant à des agences gouvernementales d’accéder à votre ordinateur et des informations vous concernant par un accès introduit par le constructeur du logiciel. Quoi que vous pensiez d’une telle démarche, il faut savoir que ces accès sont donnés aux agences gouvernementales Américaines, qui n’ont donc aucun pouvoir en Suisse, mais qui peuvent quand même y accéder. De plus, cela crée parfois des failles de sécurité, c’était en utilisant une backdoor de Windows que le ransomware WannaCry s’est propagé.

Les mythes du logiciel libre

Certains mythes persistent par rapport au logiciel libre. En voici quelques-uns :

Au niveau de la sécurité, les logiciels libres sont à jour. En fait, il est possible de découvrir une faille dans un programme et de l’exploiter pour injecter son propre code (comme par exemple se connecter à son compte utilisateur dans Windows 98 sans entrer le mot de passe, c’est assez cocasse comme faille !) qui nuira à l’ordinateur tout entier. On pourrait donc s’attendre à ce que les logiciels libres soient particulièrement faillibles. Pourtant, c’est tout l’inverse : puisque le code est disponible, il est très facile pour des spécialistes de la sécurité d’auditer le code et éventuellement de soumettre leur propre correction de sécurité.

La notion que tout le monde peut travailler sur le logiciel repousse quelques intéressés. On peut tout à fait se demander si les pirates ne vont pas publier leurs virus dans une mise à jour tout à fait anodine. En pratique, ce n’est pas le cas. Le code est relu par plusieurs personnes avant d’être publié en tant que mise à jour (car il faut quand même que quelqu’un clique sur le bouton « publier la mise à jour »)).

Enfin, les logiciels propriétaires payants ne sont pas forcément mieux ! Souvent, ils possèdent une meilleure interface, mais pas forcément plus de fonctionnalités. 7-zip par exemple est constamment considéré comme supérieur à Winrar par des tests de performance indépendants, et c’est un logiciel libre et gratuit !

Laissez-vous tenter !

Le logiciel libre a fait des bonds de géants depuis ses débuts ! Grâce à GitHub notamment, qui permet à plusieurs développeurs de travailler sur le même code source en parallèle, il est d’autant plus facile de trouver des bénévoles pour participer à un projet. Par exemple, le logiciel de modélisation 3D Blender n’a rien à envier à ses rivaux, il les dépasse même sur bien des points (par exemple le montage vidéo intégré dans le logiciel).

Si vous souhaitez remplacer vos logiciels propriétaires par des logiciels libres, je vous invite à lire cette liste de logiciels libres que je tiens à jour.

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