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Ce que le design thinking peut apporter tous les jours

Démarrons cette nouvelle catégorie sur la pensée utile aux designers en parlant du design thinking. Ce procédé est peut-être moins adapté aux graphistes mais il reste l’une des bases du domaine.

Le design thinking consiste à approcher un problème à résoudre d’une manière précise afin d’y apporter de l’ergonomie, de la simplicité d’utilisation… bref, de prendre l’être humain en compte.

Comprendre ce que le designer fait

Avant d’expliquer le design thinking, il faut vraiment comprendre ce qu’un designer apporte. Avez-vous déjà cherché pendant un moment quel bouton d’un ascenseur vous amène au rez-de-chaussée ? Choisi un mode au hasard sur votre four parce qu’il en contient beaucoup trop ? Et l’exemple d’excellence : avez-vous tiré une porte alors qu’il fallait la pousser ?

Souvent, on se dit que c’est de notre faute, qu’on a mal regardé. Pour le designer, l’utilisateur n’est pas à remettre en question, la conception elle-même est en faute. Trop compliquée (les dizaines de boutons d’une télécommande que l’on n’utilisent jamais), pas assez évocatrice (une porte que l’on doit tirer mais qui ne porte aucune indication)… les sources de frustration dues à une mauvaise conception peuvent être nombreuses.

Tenez, un exemple de mon vécu : chez l’un de mes anciens employeurs, sortir du bâtiment nécessitait de se placer devant un détecteur de mouvement. Ce détecteur ouvrait alors la porte automatique pendant un certain temps. Cependant, si plusieurs personnes essayaient de passer en même temps, le détecteur ne faisait pas la différence et fermait la porte après le même laps de temps que pour une personne. Il était donc relativement fréquent de se retrouver à s’agiter devant le détecteur sans que celui-ci ne nous détecte.
En effet, le détecteur ne se remettait pas à 0 pour une nouvelle personne si celle-ci se tenait devant pendant que la porte était ouverte. J’ai vu un bon nombre de collègues s’agiter sans succès avant que je leur explique qu’il fallait reculer du champ de vision du détecteur puis se remettre devant lorsqu’un tout petit point rouge apparaissait.

Cette situation frustrante n’était aucunement leur faute ! Il s’agissait effectivement d’un problème d’ergonomie à la conception. Pour éviter ce problème d’utilisation, plusieurs solutions : adapter le détecteur pour qu’il remette son compteur de fermeture au début à chaque fois que quelqu’un traverse son faisceau infrarouge, ou bien simplement imprimer une affiche expliquant quoi faire dans cette situation.

Le design thinking va donc aider à trouver une ergonomie adéquate pour un produit. Et c’est grâce à ce préambule que je peux mettre en place la première composante du processus : l’empathie envers l’utilisateur.

On parle enfin du design thinking ?

Allons-y ! Le design thinking est donc une méthodologie : Une série d’étapes à réaliser, idéalement en groupe (pour avoir d’autres points de vues). Elle est divisée en cinq étapes :

  • L’empathie : durant cette phase, on oublie qui nous sommes pour se mettre dans la peau de notre cible (en graphisme, ce sera la cible visée par le client). Comprendre ses besoins, ce qu’elle aime, bref devenir figurativement cette personne.
  • La définition : on définit le problème clairement par écrit. La problématique doit tenir en une phrase.
  • L’idéation : en groupe, on effectue une session de brainstorming pour trouver tout un tas d’idées. Mes conseils pour un brainstorming parfait ici.
  • Le prototype : il faut maintenant conserver la meilleure idée afin de l’amener jusqu’au bout – cette sélection peut se faire en groupe. C’est durant le prototype que l’on va concevoir une première version du produit (maquette web, logo, etc).
  • Le test : le test consiste à donner son produit à tout un tas de gens (idéalement des proches) puis à recueillir ce qu’ils disent mais aussi ce qu’ils ne disent pas (p. ex., ont-ils de la peine à comprendre comment prendre le produit en main ?).

Dès lors que le premier test est terminé, on recommence le prototype pour améliorer le produit, puis on le refait tester. Le processus se termine lorsque les buts sont entièrement atteints.

Et tu dis que ça peut m’aider dans ma vie courante ?

Bien sûr ! Au travail comme à la maison, le design thinking peut aider à l’ergonomie, la compréhension, la prise en main d’un produit quelconque. Une présentation percutante, l’installation d’une lampe automatique dans son jardin… les exemples sont nombreux.

En graphisme, on passe par toutes les phases sans forcément s’en rendre compte (et sans forcément faire de brainstorming). Le produit (logo, brochure, affiche…) est alors conçu, testé par le graphiste (la police est-elle facile à lire ? Les couleurs sont-elles esthétiques ? Ce genre de choses), puis prototypé à nouveau. C’est un processus qui peut durer plusieurs jours, cela dépend du projet.

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