Concevoir une belle carte de visite (partie 2) : hiérarchiser l’information

Entrons dans les détails de la conception d’une carte de visite. Vous avez créé le document dans la partie 1, il faut maintenant le remplir. C’est ce que ne vous verrons maintenant !

Cet article vise à rester simple et typique aux cartes de visite. Nous ne verrons donc pas toutes les manières d’attirer l’œil sur un certain texte.

Avant d’apposer quoi que ce soit sur votre feuille blanche, écrivez simplement sur papier ou ailleurs exactement ce que vous souhaitez inscrire sur votre carte. Il faudra ensuite replacer ces données d’une manière ou d’une autre sur la carte. Cependant, au fur et à mesure que votre carte avance, vous risquez de remarquer que le texte en rentre pas – je ne savais pas quoi mettre sur la mienne par exemple pour présenter mes services, car ils devaient tenir sur une ligne de 45mm de large avec une police fixée. J’ai dû les écrire et récrire de manière à pouvoir finalement les placer de manière élégante.

Lorsque je parle de hiérarchiser les informations, j’entends qu’il faut pouvoir attirer le regard sur certaines parties de la carte en premier, et rendre d’autres parties faciles à lire. Vous verrez que l’espace limité d’une carte de visite nous allège la tâche au lieu de la compliquer. Il est possible de jouer sur la couleur du texte, sa taille, son placement, mais aussi l’espace blanc pour obtenir ces résultats.

La couleur du texte

J’explique la roue des couleurs et les palettes dans cet article. Pour une carte de visite, je préconise les couleurs complémentaires ou bien complémentaires adjacentes (bien qu’utiliser plus de couleurs n’aide pas forcément). On peut, en utilisant seulement deux couleurs de texte, jongler avec nos données et créer déjà une première hiérarchie entre, par exemple, nos informations de contact et notre métier, à l’instar de cette carte :

avionsverne

Concentrons-nous uniquement sur la couleur. J’ai choisi un bleu profond, rappelant le ciel, que j’ai contrasté à de l’orange clair facile à lire sur un fond blanc. Le bleu est réutilisé dans le nom et l’adresse du pilote, ce sont les informations de contact, tandis que l’orange renseigne sur l’activité : pilote professionnel pour sauts en parachute et baptêmes de l’air. Le bleu étant la couleur principale, elle a été réutilisée pour le nom du pilote, en grande taille.

L’information en elle-même n’est pas hiérarchisée autrement. Les données de contact en bleu sont alignées au centre mais les services orange sont sur une seule ligne. Pourtant, on les différencie ! C’est le pouvoir des couleurs complémentaires ; il est possible de différencier différents groupes d’informations avec seulement deux couleurs.

Pour cette carte, une palette monochrome aurait pu aussi faire l’affaire, avec du bleu foncé et du bleu plus clair. Cette possibilité dépend de votre fond ; par exemple un fond bleu clair aurait plus facilement permis d’utiliser deux bleus différents que ce fond blanc.

Le placement du texte

Restons dans les cartes à un seul côté pour le moment et prenons l’exemple de Louis Lumière, photographe professionnel. Il souhaite utiliser une de ses photos pour sa carte de visite. Seulement, il a peur qu’elle attire le regard et que les gens se souviennent de sa photo et non de son numéro de téléphone. Heureusement pour M. Lumière, il est possible de faire de sa photo un vrai atout pour sa carte. Et, quand bien même le texte semblera relégué au second plan, il n’en sortira que plus fortement. Voyez plutôt :

lumierephoto

Et voici la photo de départ. On peut sans autre reprendre son fond noir, ne faire paraître qu’une partie de la fleur, reprendre une de ses nombreuses couleurs (ici, le jaune des graines au centre) et placer le texte en haut à gauche à espace égal des bords. La police, Maiandra GD, présente des courbes à peine irrégulières, reprenant parfaitement les pétales de la fleur. Au final, c’est donc la photo qui fait le travail pour nous ! Le texte est aussitôt visible car il est à l’opposé de la fleur et rien n’empiète dessus.

Il existe une multitude de manières de placer le texte sur une carte de visite. Les règles importantes sont de :

  • ne pas renfermer le texte. Donnez à vos mots l’espace nécessaire pour ressortir !
  • Créer une certaine architecture. Respectez vos marges (5mm à chaque côté sur la carte de M. Lumière par exemple). Si un fragment de texte est en colonne, tous les autres devraient l’être aussi. Cela veut aussi dire d’aligner son texte avec ses éléments. Il ne devrait pas « flotter » sur la carte, mais être ancré à un élément (dans la carte de M. Lumière, j’aurai pu placer le texte en bas  à gauche et lui donner la taille verticale de la fleur).
  • Ne pas écrire trop grand, ni trop petit. Je tourne généralement autour des 9-10pt. Certaines polices sont difficile à lire en petite taille, mais il est possible de jouer avec sa graisse et sa chasse (espacement entre chaque lettre) pour la rendre plus visible.

Utiliser l’espace blanc

Il est tentant de remplir l’espace entier, c’est une erreur que nous commettons tous. Si tous les éléments sont placés en avant et qu’ils deviennent tous importants, alors aucun élément n’est important. De ce fait, il s’ensuit que placer très peu d’éléments et essayer de ne pas attirer l’attention sur eux les rend encore plus importants. C’est ainsi qu’est née cette carte, pour un coach de fitness :

camuscarte

L’appeler « l’espace blanc » n’est pas entièrement exact. On peut très bien remplir cet espace d’une autre couleur – tant qu’il s’agit d’un aplat. La voici avec une palette monochrome :

camuscarterouge

Les mots semblent forts (une impression renforcée par la police Keep Calm, construite pour être épaisse), ils n’ont pas besoin de plus d’appui. La carte, qui pourra être pourvue d’un deuxième côté (voir l’article suivant), montre que M. Camus n’a besoin de rien de plus que son nom pour prouver ses compétences. La police est de taille 12, mais il est possible de la baisser un peu. Attention à ne pas trop la diminuer : dans le cas présent, une police trop petite ferait « cheap », comme si M. Camus devait payer son imprimeur à la taille de la lettre.
Notez que j’ai modifié la chasse des lettres afin de les rapprocher l’une de l’autre dans le nom du coach. Il se tient tout seul fièrement et droitement et semble tracer une ligne droite à ses pieds.

La taille du texte

Je me permets de reprendre la carte créée durant l’article précédent :

Sans titre-1

La carte se lit correctement de haut en bas. Pourquoi ? En premier, l’œil est attiré par l’arbre qui ressort. On lit ensuite le nom du professionnel en gras aux pieds de l’arbre. Le texte découle naturellement et suit la forme de l’arbre (remarquez comme la liste des services crée une forme à ses bords, commençant fine pour devenir plus large au milieu puis de nouveau fine). Il est écrit à peine plus petit que le nom de Gionot. Enfin, l’adresse en bas est très petite et est donc lue en dernier. Comme il s’agit d’un élément important, il est placé tout en bas et est donc facile à retrouver par la suite.

Petite synthèse

Nous sommes enfin arrivés au bout ! C’était un sacré article, et je n’ai que fait effleurer la surface. Il existe une multitude de règles et conseils pour hiérarchiser un texte dépendant de son support. Souvenez-vous surtout de la règle d’or : le texte doit pouvoir être lu facilement et sans entraves. C’est tout !

Dans le prochain article, nous verrons comment créer une ligne graphique afin d’unifier la carte de visite (qu’elle soit à un seul ou deux côtés).

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