Concert de Silver Dust

Le 27 mai, j’ai eu la chance d’être invité par Silver Dust pour filmer leur concert au Corn’Rock. J’avais déjà vu le groupe une fois avant, et je sais qu’ils sont connus pour faire des concerts assez théâtraux. Mais c’était plus que cela pour moi : c’était aussi mon premier vrai mandat, que j’avais cherché et réalisé de moi-même.

Filmer un concert n’est pas de tout repos ! J’en ai appris beaucoup sur le tas, et je souhaite maintenant partager avec vous cette nuit, de mon arrivée sur les lieux jusqu’au montage du film, qui se trouve en fin d’article.

Un petit retour en arrière

La vidéo fait partie de la médiamatique : en plus de pouvoir tourner et monter un film, nous apprenons aussi à utiliser des effets spéciaux dans un chapitre dédié à l’animation. En l’occurrence, avant de filmer Silver Dust, je devais réaliser un film sur ma commune de A à Z. Le Corn’rock prenant place durant le tournage, j’ai décidé de chercher comment je pourrais filmer les différents concerts de ce festival légalement (non pas que je sois avocat, mais j’envisageais déjà les problèmes : je serais techniquement auteur et donc possesseur de mon film, mais passer de la musique qui ne m’appartient pas derrière poserait certainement quelques problèmes. Et puis, les membres du groupe devaient accepter d’apparaître devant la caméra).

La date limite approchait. Deux jours avant le Corn’Rock, je pus arranger quelque chose : une amie travaillant avec Silver Dust m’avait demandé si je venais voir le concert. Je lui avais expliqué la situation et elle prit le temps de contacter le reste du groupe. Donc, un grand merci à Angelica sans qui tout cela n’aurait pas été possible !
Mais la situation ne se concrétisa que quelques heures avant le concert en question : le Corn’Rock ne répondait pas à mes demandes de permission de filmer (ce que je peux comprendre, c’est plutôt le groupe qui doit autoriser qu’on les enregistre), et Silver Dust n’avait techniquement plus d’entrées gratuites à donner. Finalement, suite à des décommandes d’invités du groupe, je pus en acquérir une et rejoindre la scène.

Le stress avant tournage

On y échappe pas ! Je n’ai comme matériel qu’un trépied (qui fait vaillamment son travail malgré son bas prix) et un Nikon P600 – c’est au départ un appareil photo, mais il filme en Full HD sans problème. Je pensais à tout et j’imaginais le pire : et si je n’avais pas assez de batterie pour tout filmer ? Et si le son saturerait trop et qu’on entendrait rien ? Au final, le tournage se passa pour le mieux : bien que le son sature un petit peu, il est largement audible. La batterie de mon appareil m’a duré toute la soirée, et je regrette de ne pas avoir filmé la préparation du groupe et de la scène. C’est toujours plus sympathique de mettre les moments en coulisses au début d’une vidéo de concert !

L’arrivée sur les lieux

Tout était prêt. J’avais vérifié mon équipement plusieurs fois. Le lieu du festival n’était pas très loin de chez moi : je le connaissais bien, et j’étais même étonné de ne pas le reconnaître lorsque j’arrivai au festival. Je fus conduit dans la loge des artistes où traînaient ce pour quoi Silver Dust est connu : tout plein d’accessoires au look gothique qui seraient utilisés pendant le concert. Une lanterne à gaz, une boîte à musique gigantesque, des masques et des robes à capuche. Je pus m’entretenir un peu avec les membres du groupe, tous très amicaux. Je leur expliquai qui j’étais, pourquoi je venais, et ils étaient tous ouverts à l’idée que je vienne filmer (quand bien même, je l’appris plus tard, ils avaient fait appel à un autre vidéaste). Donc, un grand merci à tout le groupe pour l’opportunité !

Silver Dust jouerait à 21h45. Vers 21h15, j’allai voir la scène que je ne connaissais pas. Il est important de faire un petit tour de reconnaissance des lieux pour pouvoir se placer au bon endroit. Ne connaissant pas exactement le micro de mon appareil (une erreur fatale – c’est mon appareil, je dois le connaître), j’avais essayé de me placer au centre de la scène, ni trop proche ni trop loin pour bien voir le groupe, bien centrer le son et ne pas saturer le micro en me plaçant trop près des amplificateurs. J’ai commis ici ma deuxième erreur : ne connaissant pas la scène, je m’étais mis à un endroit qui, vide de public, me permettait de bien voir le groupe en entier. Lorsque le public est rentré, je ne voyais plus rien.

Petite anecdote : lorsque le concert commença, j’étais donc derrière tout le public. J’ai remarqué au bout de dix minutes que tous les grands s’étaient mis devant moi (côté droite de la scène), tandis que les petits se tenaient à gauche de la scène. Donc, j’aurais eu un bien meilleur angle de vue si je m’étais mis à gauche dès le début !

Je ne suis toutefois pas déçu de mon tournage, compte tenu des moyens que j’avais à disposition : une seule caméra et aucuns microphones indépendants.

Le tournage

En fait, comme j’étais vers le fond du public (qui n’était pas très large, heureusement), j’avais parfois de la peine à filmer le groupe, mais j’ai remarqué après coup que cet angle de vue rend le concert plus immersif. On a vraiment l’impression de faire partie du public, pas seulement de voir une prestation à travers une caméra. Tant mieux pour moi que mon trépied atteignait facilement 1m90, au prix de la stabilité – j’ai décidé assez tôt de garder ses pieds tendus mais de les ramener vers le centre. J’en perdais de la stabilité, mais je gagnais de la hauteur.

Le concert dura 1 heure et 5 minutes. Je fis bien attention de tout prendre : j’avais commencé à tourner avant l’arrivée du groupe sur scène, et j’attendis qu’il quitte la scène avant d’arrêter. Cependant, mon appareil ne peut filmer que 30 minutes de vidéo à la fois et, comme le groupe ne prenait pas une seule pause, je devais estimer moi-même quand arrêter de filmer pour reprendre aussitôt. Au final, je ne m’en sortis pas aussi bien que je le voulais : on peut clairement voir deux coupures nettes et inexpliquées.

Mais tout le reste se déroula correctement : je pus filmer convenablement et, malgré que le public ne se souciait pas de me laisser voir la scène – ce que je peux comprendre – j’étais content du résultat. Bien sûr, j’aurais aimé avoir accès à plusieurs caméras pour varier les angles de vue et un microphone indépendant pour pouvoir enregistrer et rejouer le son en une fois (fini les coupures abruptes !), ce sera peut-être pour une prochaine fois.

L’après-tournage

La scène devait être rangée avant que le groupe suivant ne puisse s’y installer. Je voulais attendre que tout soit fait pour encore remercier Silver Dust de l’invitation, et leur envoyer la vidéo après montage. Je pus parler encore un peu avec le groupe alors qu’ils signaient des autographes. Derniers remerciements, promesse de leur envoyer la vidéo faite, et je rentrai rapidement pour regarder mes rushs. Le stress de l’avant-tournage revenait.

Les vidéos donnaient mieux que je ne l’avais espéré. La caméra était très stable (même quand je la levais en l’air), le son ne saturait qu’un petit peu avec la batterie, et les zooms, qui floutent le film entier quand le moteur tourne, ne se voyaient presque pas. Le travail le plus long, celui du montage, pouvait commencer… sereinement.

Le montage

Le montage d’un film… c’est un métier. Les programmes sont faciles à utiliser : on peut, avec la souris, ajouter un bout de film, le découper, le déplacer, le mettre sur une autre piste afin de l’incruster par-dessus une autre vidéo, régler sa vitesse… et bien d’autres manipulations. Par contre, il faut être extrêmement précis, zoomer jusqu’à voir chaque image individuelle puis dézoomer pour être sûr qu’on a pas détruit quelque chose plus loin – croyez-moi, c’est arrivé bien trop souvent durant le montage de ce film.

En fait, j’étais parti dans l’idée que le montage serait assez évident : il s’agissait surtout de placer trois vidéos bout-à-bout, de mettre un titre pour annoncer le groupe au début, et voilà. Mais à peine avais-je placé les trois vidéos (qui pèsent chacune 2,5GO !) que je remarquai une anomalie sur ma bande sonore : à certains moments, les décibels de l’onde diminuent clairement. Le coupable ? Le zoom de l’appareil. Le moteur fait un léger bruit, qui a certainement été capté par le micro de l’appareil. Bon, rien de bien compliqué, il suffit de placer un marqueur au début et à la fin de chaque zoom et d’augmenter le volume entre les deux marques de 5déciBels… une bonne centaine de fois.

J’ai donc passé la majeure partie du montage à faire cela. Et c’est bien ce que je regrette dans Adobe Premiere Pro, c’est qu’il est impossible de placer ces marqueurs (appelés images-clés) rapidement. Il faut déplacer l’aiguille de temps à l’image près, et cliquer sur un bouton pour y insérer une image-clé. Impossible par exemple de placer le curseur de la souris sur ma bande sonore et d’appuyer sur un raccourci clavier pour faire la même manipulation.

Et de plus, j’avais besoin de 4 images-clés par zoom : deux au début, deux à la fin. Deux de ces quatre clés servaient à ramener le son au niveau normal entre 2 zooms. Au total, j’ai placé dans les 500 images-clés… et évité la tendinite de peu. Une fois les clés placées, il ne fallait plus que passer d’une à l’autre (plus facilement cette fois bien heureusement, il y a un bouton qui permet de naviguer entre deux clés consécutives) pour monter le son de 5 décibels aux endroits voulus. Cette tâche était fastidieuse, mais bien plus intéressante que la première… relativement parlant.

Ces deux travaux représentaient le gros du travail. Le dernier consistait simplement à vérifier que les transitions de volume se faisaient sans détruire l’ouïe (le son de base est déjà pas mal fort, si 3 dB le doublent, imaginez 5 !). J’ai plutôt réussi, même si je reconnais qu’on entend des petits clics à certains endroits (qui proviennent du fait que 0,01s de la bande sonore est bien plus forte que ce qu’elle devrait être). Mais au moins, il n’existe aucun moment qui dérange vraiment l’audition.

Finalement, je terminai le 23 juin, presque un mois après le concert. Le film sur ma commune tenait la priorité jusqu’au 12 juin, puis le film du solo de batterie de Mr. Killjoy, tiré de ce concert et disponible dans mon portfolio.

Tout ceci étant dit, je suis vraiment très heureux d’avoir fait cette expérience du début à la fin. Je pense y avoir appris beaucoup de choses et si c’était à refaire, je dirais oui de suite… avec peut-être moins de zooms la prochaine fois. A bientôt !

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