Les bases de l’impression (partie 7) : le fond-perdu

Le fond-perdu est un concept très important en impression. C’est certainement la variable la plus importante, en fait, mais peu de gens savent ce que c’est réellement.

Regardons cela !

Un document imprimé doit avoir des dimensions exactes… à 1 millimètre près. Les imprimeurs disposent de massicots électriques (une grosse machine qui peut couper des centaines de feuilles à la fois) aux dimensions très précises, mais pour nous autres, c’est la rogneuse, qui est déjà bien moins précise.

C’est pour cette raison qu’il est nécessaire d’ajouter un fond-perdu à tout document qui utilise des images touchant le bord de la feuille une fois qu’elle sera découpée. Si vous voulez découper une image au format A5 dans une feuille A4, il faudra prévoir un fond-perdu à votre image. Bon, trêves d’abstractions… expliquons ce qu’est le fond-perdu.

Le fond-perdu est un espace de quelques millimètres, dépassant de chaque côté de la feuille, dans lesquels les images en couleur dépasseront afin d’être coupées après.

En clair : si vous imprimez une image multicolore aux dimensions de 50x50mm sur une feuille blanche et que vous voulez la rogner aux ciseaux après coup, il est important de rendre votre image 2-3mm plus large de chaque côté – elle mesurera donc 54x54mm. Ainsi, vous avez droit à 2mm d’erreur. Si vous coupez trop à gauche, il n’y aura pas de bandeau blanc, mais votre image. On le voit bien dans cette explication visuelle d’inprint.fr :

fonds perdus - Les bases de l’impression (partie 7) : le fond-perduL’image une fois proprement découpée ne montrera que ce qui se trouve dans le cadre rouge. L’extérieur du cadre est le fond-perdu.

Pas tous les programmes gèrent le fond-perdu cependant. Indesign, le programme de traitement de texte d’Adobe (quoique plutôt axé sur la présentation) permet d’en ajouter (et d’ajouter après coup des traits de coupe à l’impression qui permettront de calibrer sa rogneuse). Word par contre ne le permet pas. Si vous voulez mettre une image sur tout le fond de votre page, vous risquez d’avoir de la peine à découper votre feuille après (surtout que l’imprimante ajoute ses propres marges blanches sur les bords). Ils me semble que Photoshop et Illustrator gèrent le fond-perdu.

Alors, bien sûr, on pourrait se dire qu’il suffit d’imprimer son document à peine plus petit ou de ne simplement pas mettre de fond-perdu, mais cela n’est pas un travail correct du point de vue du designer. Un document quelconque doit avoir une certaine dimension, point final. Si le client demande un flyer au format A4, alors nous l’imprimerons sur une feuille A3 puis nous le rognerons. S’il souhaite 100 cartes de visite au format habituel (86x54mm) alors nous essaierons de toutes les caser sur une seule feuille afin d’éviter les déchets de papier.

On pourrait aussi donner une certaine taille à notre document, par exemple 50x50mm, et le couper à environ 48x48mm : pas besoin de paramétrer le fond-perdu. Cependant, les programmes d’Adobe mentionnés ci-dessus permettent d’imprimer des traits de coupe automatiquement. On les voit dans les quatre coins de l’image ci-dessus. Ils rejoignent les arêtes du fond-perdu et partent avec la découpe. Il suffit après de bien placer son image sous la rogneuse et la coupe se fait toute seule, on gagne du temps. En imprimerie, les documents sont imprimés sur des feuilles de largeur d’un mètre. Le fond-perdu devient donc beaucoup plus important car le papier sera rapidement rogné, souvent des centaines de feuilles à la fois (en fait, la feuille large est repliée sur elle-même d’une certaine manière puis passée au massicot) ! Si le tas de feuilles n’est pas exactement bien placé, ce qui ne sera jamais le cas, on aura effectivement quelques différences dans la coupe entre deux feuilles, mais jamais plus d’un millimètre. C’est pour cela qu’on utilise un fond-perdu, afin que toutes les feuilles coupées aient le même rendu.

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