Les formats d’images (partie 3) : le format jpeg

Nous y voilà enfin ! Fini les explications techniques. A partir de maintenant, les articles suivants ne devraient que parler de formats d’image spécifiques.

Certainement le plus connu d’entre tous : le format jpeg. Souvent associé aux images de mauvaise qualité et illisibles, il possède en fait un super ratio qualité / compression. Explications ci-dessous.

Créé en 1987, le format jpeg avait un but : rendre les images plus faciles à transporter. Certains d’entre nous l’ont connu : la fameuse disquette de 3 pouces et demi qui possédait 1’440 kilooctets de mémoire. On ne pourrait jamais mettre une image au format .bmp dedans ! Mais en la compressant, on peut facilement la faire peser moins de 1 mégaoctet et donc rentrer nos photos dans une disquette.

Qu’on se le dise : aujourd’hui, avec les capacités astronomiques de nos clés USB et boîtes mail (en général, on peut envoyer des pièces jointes pesant 10 Mo maximum par email. La photo de l’article précédent au format .bmp passe donc sans problème par email !) les différents formats ne sont plus aussi importants qu’avant. J’apprécie particulièrement le format .png, mais restons dans le sujet pour le moment.

Ca fait plusieurs articles que tu parles de compression, ca veut dire quoi ?

La compression est, dans ce contexte, une manière de faire perdre du poids à une image. Il existe différentes méthodes, dites destructives ou non-destructives (je l’avais déjà brièvement mentionné dans un article sur le son). L’image est finalement une suite de bits, donc de 1 et de 0. En les mettant ensemble, on arrive à recréer la grille de pixel. Dans le cas de la compression non-destructive, on va alors transformer la séquence 110100101110110010111111 en 21;0;1;20;1;0;31;0;21;20;1;0;61. On compte en fait le nombre de 1 et de 0 qui se suivent et on les regroupe comme je l’ai fais ci-dessus. Dans ce cas, on passe de 24 bits à 18. Plus les bits se suivent, plus on économise d’espace. Quand on ouvre l’image, le programme va rétablir l’image comme elle l’était. Il va donc lire 21 (2×1) et rétablir 11 (1,1)… ainsi de suite. On ne perd donc aucune information.

La compression destructive par contre fait disparaître des éléments… de différentes manières. Dans le cas du jpeg, il est prévu pour retirer ce que l’oeil humain ne voit pas. Par exemple, il va analyser les aplats de couleurs (par exemple le ciel) et leur attribuer exactement la même couleur (donc on ignore carrément un millier de pixels puisqu’on leur donne simplement la valeur d’un autre). Plus exactement, il va examiner des carrés de pixels et leur donner la même couleur. Restons schématique pour le moment.

Le jpeg gère des millions de couleurs (notamment les 16,7 millions de la profondeur 24 bits), mais pas la transparence. Impossible donc de faire un logo qui ne sera pas posé sur un fond blanc.

Il est possible de sélectionner le facteur de compression, par exemple dans Photoshop de 0 à 12. Paint, un programme gratuit fourni avec Windows, ne permet pas de gérer la compression jpeg et donne parfois des résultats inutilisables. Jugez par vous-même :

canard-jpgcanardjpg1canardjpgPaint

 

 

 

De gauche à droite : l’image compressée avec Photoshop sur facteur 12 (le meilleur), Photoshop facteur 0 (le pire) et Paint.

En l’occurence, je ne vois pas de différence entre le facteur 12 et la compression de Paint (étonnant, car la compression de Paint a fait perdre 400Ko à l’image). Toutefois, je vois quelques aplats sur le canard avec le facteur 0. Rien de très inquiétant, mais il est certain que cette image ne pourrait pas être utilisée sur une affiche, par exemple. Il est aussi possible que la taille des pixels empêche une trop forte compression. Peut-être qu’un jour je referais le test en 72ppi.

Le jpeg est encore un format assez utilisé pour les grandes images destinées à être imprimées. Je ne peux pas placer d’images .bmp sur mon serveur, mais après avoir comparé le jpeg facteur 12 et le bmp, je ne vois aucune différence de qualité – par contre, on passe de 7Mo à 1,22. Pratique pour l’envoyer à un imprimeur rapidement !

Dans le prochain article, nous parlerons du format .gif, un peu plus intéressant.

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