Les bases de l’impression (partie 4) : bien démarrer son projet à l’écran, le mode de couleurs

Le papier n’ayant plus de secrets à dévoiler, passons maintenant au côté numérique, sur ordinateur donc, de l’impression. Admettons que vous veniez de terminer votre chef-d’œuvre sur Photoshop, le plus beau dessin que le monde n’ait jamais vu, qui ravira les critiques et mettra fin à la carrière d’innombrables artistes car tout ce qui pourrait être dit l’est dans votre dessin.

Une telle création ne mérite que le plus beau papier. Alors vous chargez une feuille glacée de 350 grammes et, horreur, ce qui était au départ la perfection incarnée est devenue une pâle copie dessinée à la craie. Les couleurs ne ressemblent à rien, de gros amas de couleurs ont fait leur apparition sur certains éléments et, étrangement, un fond blanc est apparu au beau milieu de l’image !

Malheureusement pour le consommateur mais heureusement pour le designer, les outils de création sont bourrés d’options qui permettent d’obtenir le meilleur rendu dont on ait besoin. Aujourd’hui, nous verrons comment bien démarrer son projet sur Photoshop ou programme similaire (Gimp par exemple ou Photoshop Elements, tous deux gratuits. Paint, le programme fourni avec Windows, n’offre cependant pas toutes ces options).

Nos écrans utilisent un mode de couleur dit RGB, ou RVB en français, qui veut dire Rouge, Vert, Bleu. A partir de ces trois couleurs, il est possible de créer plus de 16 millions de teintes différentes ! Nous parlons de synthèse additive dans ce mode de couleur car les 3 couleurs mises ensemble créent du blanc. En général, les couleurs ressortent plus brillantes et vives… mais uniquement à l’écran, car ses pixels utilisent ce mode.

AdditiveColor.svgLe mode RVB. Les trois ensemble donnent du blanc.

Le monde naturel utilise le mode CMYK, CMJN en français : Cyan, Magenta, Jaune et Noir. Enfin, techniquement, le noir est un rajout de l’imprimante. On parle de synthèse soustractive car les trois couleurs mélangées donnent normalement du noir. Mais à l’imprimante, on voit plutôt un brun très sombre. On rajoute donc de l’encre noir pour le faire ressortir un peu plus.

2000px-SubtractiveColor.svgLe mode CMJ(N). Les trois ensemble donnent du noir.

(Je remercie au passage Wikipedia pour ces deux modèles).

Concrètement, ces deux modes opèrent un peu différemment. Le mode RVB trouvera sa couleur en donnant à chaque teinte (rouge, vert ou bleu) une valeur de 0 à 255. Le violet par exemple est obtenu par le code 144, 0, 255 (notez que lorsque l’on donne un code, il doit toujours suivre le sens RVB. Donc: rouge 144, vert 0, bleu 255). Le voici ci-dessous :

violetRVB

Lorsque l’on passe en mode CMJN, les couleurs sont codées différemment. C’est-à-dire qu’on devra renseigner les quatre teintes susmentionnées pour former une couleur. Ainsi, certaines teintes disponible en RVB n’existent plus en CMJN ou bien portent un code complètement différent !violetCMJNVoici le même violet codé cette fois en CMJN (Cyan 64%, Magenta 80%, Jaune 0%, Noir 0%). Le code RVB reste le même, mais il apparaîtra comme cela sur l’imprimante. Plus étonnant encore, il apparaît plus bleu et brillant sur cet article que sur mon ordinateur. Vous l’aurez compris : le mode CMJN n’est pas du tout adapté aux écrans car il est impossible de prédire comment les couleurs ressortiront !

Il est donc primordial de passer en mode CMJN pour tout travail qui sera imprimé. C’est la première chose à faire avant de commencer son projet. Dans Photoshop, allez dans le menu Image, puis Mode, puis CMJN. Malheureusement, cela ne garantie pas que mon carré violet CMJN ici présent soit imprimé exactement pareillement. Cela est dû d’abord à mon imprimante et son encre, et mon profil de couleur CMJN qui permet d’adapter mes couleurs selon le papier et l’imprimante pour lesquels l’image est destinée.

En travaillant en mode CMJN vous n’aurez plus que les spécificités de votre imprimante qui vous posera des problèmes. Je sais par exemple que l’imprimante que j’utilise à l’école a tendance à imprimer les couleurs à peine plus foncées. Lorsque je travaille en CMJN, je les rend donc un tout petit peu plus claires avant d’imprimer. Si je travaillais uniquement en mode RVB, j’aurais beau tout tenter qu’il me serait toujours impossible de corriger les défauts d’impression.

La mise en place de notre fichier avant le travail n’est pas terminée ! Dans le prochain article, nous parlerons un peu plus des pixels.

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